Portrait de créateur : Roman Svarog, de la sculpture traditionnelle à la révolution de la 3D
Derrière chaque créateur de figurines se cache une histoire. Celle de Roman Svarog est celle d’une passion née dans l’enfance, devenue un métier au fil des années. Sculpteur professionnel, peintre et joueur passionné, il partage aujourd’hui son temps entre son travail chez Puppetswar et le développement de son propre projet, Baroco Miniatures. Rencontre avec un créateur qui n’a jamais cessé de faire évoluer son art.
Une passion née dès l’enfance
Roman Svarog, de son vrai nom Roman Pasichnyuk, est âgé de 42 ans. Originaire d’Ukraine, il vit aujourd’hui à Rzeszów, en Pologne, où il est installé depuis plus de dix ans.
Sa passion pour les figurines remonte à l’enfance.
« Je m’intéresse à la création de petits soldats en pâte à modeler depuis mon enfance. »
Comme beaucoup de passionnés, il commence modestement en sculptant ses propres soldats et en peignant les figurines en plastique qu’il possède avec de la gouache.
Pendant ses études, il découvre les figurines historiques de collection au format 54 mm. Une révélation qui l’amène à sculpter et peindre ses propres pièces afin d’enrichir sa collection.
Quand le hobby devient un métier
La vie l’éloigne un temps du monde de la figurine. Architecte de profession, Roman fonde une famille — il est aujourd’hui père de deux enfants — tout en continuant à pratiquer sa passion durant son temps libre.
Quelques années plus tard, il perd son emploi et s’installe avec sa famille en Pologne. C’est alors qu’il décide de tenter de vivre de sa passion.
« J’ai essayé de transformer mon hobby en métier et j’ai immédiatement commencé à chercher du travail comme sculpteur. »
Ses recherches aboutissent rapidement puisqu’il rejoint Puppetswar, où il exerce depuis maintenant une dizaine d’années comme sculpteur professionnel.
Un peintre avant tout
Même si son métier est aujourd’hui la sculpture, Roman reste profondément attaché à la peinture de figurines.
« Je ne me contente pas de collectionner des petits soldats : je les peins aussi. »
Il peint aussi bien des figurines historiques que des armées issues d’univers fantastiques comme Warhammer 40,000 ou Age of Sigmar. Il apprécie également beaucoup les figurines au 1/72, une échelle qui occupe une place particulière dans son parcours.
Le temps lui manque souvent, mais il essaie malgré tout de consacrer au moins une heure chaque semaine à cette activité.
Le XVIIᵉ siècle, une source d’inspiration
Lorsqu’on évoque les périodes historiques qu’il affectionne, le XVIIᵉ siècle arrive immédiatement en tête.
« Ma période historique préférée est le XVIIᵉ siècle, et peut-être aussi le XVIIIᵉ siècle. »
Il apprécie également l’Antiquité et le Moyen Âge, des périodes qui nourrissent régulièrement son inspiration.
Les artistes qui l’ont marqué
Comme tout créateur, Roman s’est construit en admirant le travail d’autres sculpteurs.
Il cite notamment le talent d’Anton Derbilov, célèbre pour ses figurines historiques au 1/72 éditées par Strelets et Red Box.
« Il sculptait entièrement à la main, de manière traditionnelle, et ses œuvres sont magnifiques. »
Aujourd’hui, il admire également le travail de Lucas Luber, créateur de Piano Wargames.
« J’apprécie son niveau de détail et j’essaie d’atteindre la même qualité dans mes propres réalisations. »
Jouer avec des règles simples
Roman ne se limite pas à créer des figurines : il aime également les faire vivre sur les tables de jeu.
Il pratique aussi bien Warhammer que les systèmes One Page Rules, mais joue surtout à son propre jeu, Great 72.
Pensé principalement pour les figurines au 1/72, ce système fonctionne également avec des figurines de 28 mm sans nécessiter d’adaptation des règles.
« J’aime les règles simples et les parties courtes. »
Il a également découvert Lion Rampant et prévoit prochainement d’essayer Pikeman’s Lament.
Même s’il n’appartient officiellement à aucun club, il fréquente régulièrement un club de jeux de figurines de sa ville pour y jouer, notamment à Age of Sigmar.
Le passage à la sculpture numérique
La modélisation 3D est aujourd’hui au cœur de son activité, mais cette transition est relativement récente.
Il y a environ six ans, alors qu’il travaille déjà chez Puppetswar, son employeur lui annonce que les prochains projets seront réalisés avec ZBrush.
« J’ai commencé à apprendre la 3D grâce à YouTube. »
Son expérience d’architecte lui donne déjà quelques bases en modélisation, mais apprendre la sculpture numérique représente malgré tout un véritable défi.
Aujourd’hui, la 3D est devenue son principal outil de création.
Baroco Miniatures : donner vie au XVIIᵉ siècle
En parallèle de son activité chez Puppetswar, Roman développe désormais son propre projet : Baroco Miniatures.
Cette nouvelle gamme est dédiée aux figurines destinées à l’impression 3D. Les modèles pourront être imprimés dans différentes échelles, de 15 mm à 40 mm, même si Roman avoue avoir une préférence pour le 28 mm et le 1/72.
Le projet est entièrement consacré au XVIIᵉ siècle, avec une première collection dédiée aux Cosaques et aux armées de la République des Deux Nations (Pologne-Lituanie). D’autres armées européennes et asiatiques viendront progressivement enrichir la gamme.
Son objectif est ambitieux : proposer un nouveau set chaque mois.
« Je n’utiliserai pas de système d’abonnement : chacun pourra simplement acheter les modèles qui l’intéressent. »
Où découvrir son travail ?
Roman partage régulièrement ses créations sur sa chaîne YouTube Warbanda. Les vidéos sont réalisées en ukrainien, mais les démonstrations visuelles permettent de suivre facilement son travail, même sans parler la langue.
Une passion intacte
À travers son parcours, Roman Svarog illustre parfaitement ce qui anime de nombreux créateurs de figurines : une passion qui traverse les années, évolue avec les techniques et ne cesse de se renouveler.
De la sculpture traditionnelle à la modélisation 3D, il continue d’explorer de nouvelles approches sans perdre de vue ce qui l’anime depuis l’enfance : créer des figurines qui racontent une histoire. Avec Baroco Miniatures, il s’apprête à écrire un nouveau chapitre de cette aventure, au plus grand plaisir des amateurs de figurines historiques.
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